Origines du 1er mai : entre lutte des classes et symbole de chance

Le 1ᵉ mai est un jour férié qui correspond à la fête du Travail. S’il s’agit aujourd’hui d’une journée internationale de revendication salariale et syndicale, ses origines s’ancrent dans des événements liés à la révolution industrielle outre-Atlantique. C’est la lutte pour la journée de huit heures qui a été un point central dans la naissance du 1ᵉʳ mai. Voyons quelles sont les origines du 1er mai et de la fête du Travail ?

Les origines du 1er mai : les racines anciennes du 1er mai

Le 1er mai n’a pas toujours été la fête du travail. Pour de nombreuses cultures européennes, cette date était associée à des célébrations païennes qui marquaient le retour du printemps et la fertilité. Appelées May Day, elles impliquaient des rituels liés à la floraison et à l’abondance. Pour les peuples germaniques, la célébration de Walpurgis le 1er mai avait pour vocation d’éloigner les mauvais esprits. Dans la tradition celtique, Beltane, était la fête de la lumière et du renouveau. Ces pratiques ancestrales sont ainsi devenues le point de départ de toutes les célébrations associées à cette date.

Ainsi, le 1er mai, symbole d’abondance et de renouveau, est devenu la date lors de laquelle les revendications salariales et d’amélioration des conditions de vie et de travail se font dans la rue lors de manifestations.

Défilé de plusieurs syndicats pour la fête du travail et la lutte des classes

Les origines du 1er mai : la naissance de la fête du travail moderne

La date du 1er mai n’a pas été choisie au hasard. Elle célèbre le 1er mai 1884, date à laquelle plusieurs syndicats ouvriers américains ont commencé à revendiquer la journée de travail de huit heures. Mais pourquoi ont-ils choisi cette date. En réalité, aux États-Unis, elle coïncide avec le commencement de l’année de travail. C’est à ce moment-là que les ouvriers louaient leurs services, le « moving day ».

Une fête née dans la douleur

Dès le départ, les patrons s’opposent à cette revendication et le mouvement s’éternise donc jusqu’en 1886. Le 1er mai 1886, les travailleurs manifestent massivement à travers tout le pays pour répondre à l’appel des syndicats de 1884 pour la journée de huit heures. La mort de grévistes de la société McCormick Harvester de Chicago au cours d’une manifestation le 3 mai entraîne une marche de protestation le 4 mai. Elle verra se dérouler des affrontements terribles entre manifestants et forces de police, ainsi que l’explosion d’une bombe engendrant de nombreuses victimes. À la suite de ces événements, plusieurs syndicalistes militants anarchistes sont arrêtés. Cinq d’entre eux sont alors condamnés à mort. Cet événement est connu sous le nom de « Massacre de Haymarket ».

Le Labour day, férié et chomé

Depuis, la journée du 1er mai est célébrée dans de nombreux pays à travers le monde. Toutefois, aux États-Unis et au Canada, c’est le « labour day« , le premier lundi de septembre, qui est férié et chômé depuis 1894. Cela n’empêche pas certains syndicats américains et canadiens de commémorer le 1er mai.

Défilé du 1er mai de la CGT

Les origines du 1er mai en France

En France, la première célébration du 1er mai comme journée de manifestations date du 1er mai 1890. Elle fait suite à une décision de Jules Guesde lors de la réunion de la IIe Internationale socialiste à Paris en 1889, à l’occasion du centenaire de la Révolution française. Mais en 1891, la manifestation du 1er mai tourne au drame. La fusillade de Fourmies dans le Nord se solde par la mort d’une dizaine de manifestants. Il faudra attendre avril 1919 et le vote de la journée de huit heures par le parlement pour que le 1er mai devienne une journée chômée en France.

Le régime de Vichy instaure un 1er mai férié en 1941 en tant que « Fête du Travail et de la Concorde sociale ». Cette appellation fait référence à la devise du régime « Travail, Famille, Patrie ». Il sera aboli à la Libération. La journée du 1er mai chômée réapparaît en 1946 après la Seconde Guerre mondiale suite à la loi 47-778 du 30 avril 1947. C’est la loi 48-746 du 29 avril 1948 qui la fixe comme un jour férié, chômé et rémunéré.

Le 1er mai aujourd’hui

De nos jours, les manifestations du 1er mai sont le rendez-vous annuel incontournable des syndicats et des partis de gauche. À cette occasion, ils expriment, ensemble ou séparément, leurs revendications sociales, économiques et politiques. Mais cette journée est d’abord la journée des travailleuses et des travailleurs. Outre ces manifestations, elle leur offre un jour de repos bien mérité. Pour beaucoup, c’est l’occasion de quitter leur tenue de travail pour quelques heures.

Pourquoi offrir du muguet le 1er mai ? Le brin de muguet symbole de la fête du travail

Pourquoi offre-t-on du muguet le 1er mai ?

La floraison précoce des petites clochettes blanches, au parfum délicat, coïncide avec le début du printemps. Or, le muguet n’a pas toujours été la fleur du 1er mai. En souvenir de la fusillade de Fourmies en 1891, les manifestants arboraient une églantine, la fleur traditionnelle du Nord. Ensuite, c’est un ruban rouge, symbole du mouvement anarchiste qui l’a remplacée. Enfin, c’est le muguet qui est devenu le symbole du 1er mai et de la fête du travail. Mais d’où vient cette coutume singulière ?

Le muguet : des racines antiques et médiévales à nos jours

On associe le muguet au mois de mai depuis l’Antiquité. Les Romains célébraient déjà les Florales, une fête dédiée à Flore, la déesse des fleurs et du printemps. Les fleurs, dont le muguet, servaient à décorer les temples et les maisons. Chez les Celtes, le mois de mai marquait le début de la belle saison. On le célébrait par des rituels païens liés à la fertilité. Cette tradition a ensuite perduré au Moyen Âge, puis à la Renaissance.

C’est d’ailleurs le roi Charles IX qui aurait contribué à enraciner cette tradition après avoir reçu un brin de muguet en porte-bonheur le 1er mai 1560. Il aurait alors à son tout offert un brin de muguet aux dames de la cour chaque année à cette date. Une jolie façon de leur souhaiter une année remplie de prospérité à ses proches. Est-ce la réalité ? Nous n’en avons pas la certitude, mais l’anecdote est belle.

Bouquet composé de muguet du 1er mai et de roses

Le muguet, symbole de lutte des classes et de chance

En France, l’association du muguet avec le 1er mai et la fête du Travail date du XXe siècle. En 1900, la maison Christian Dior offre à ses couturiers comme à ses clients un brin de muguet. Il gomme ainsi les différences de classes sociales et fait du muguet un symbole de la lutte des classes. Au fil du temps, il va aussi devenir un porte-bonheur et un geste d’affection universel. Le muguet du 1er mai est une tradition populaire. Elle permet, dans une certaine limite,la vente de brins de muguet par des particuliers ou des associations.

Jack a dit

En résumé, les origines du 1er mai sont diverses. Des célébrations païennes du printemps aux luttes acharnées des travailleurs pour leurs droits au XIXe siècle, cette journée est riche d’histoire et de symbole. La fête du Travail est un rappel de l’importance du travail et du besoin de garantir des conditions justes et dignes pour chaque travailleur.

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