Papaline d'Avignon : le bonbon au chocolat fourré à la liqueur d'origan

La papaline ou plus précisément la papaline d’Avignon est la confiserie emblématique de la cité des papes. Pourtant, peu de gens connaissent l’origine de ce délicieux chardon rose et ne savent pas vraiment ce qu’il cache sous sa robe hérissée de piquants. Et vous ? Savez-vous de quand date ce bonbon ? Ce qu’il contient ? Non ? Allez, on vous dit tout sur cette merveille inscrite au patrimoine national des spécialités françaises de chocolaterie.

Qu’est-ce que la papaline d’Avignon ?

Celle que certains appellent le Mon chéri provençal est un délicat bonbon façonné de deux fines couches de chocolat fabriqué de façon artisanale. La première couche est en chocolat noir et emprisonne une délicieuse liqueur d’origan du Comtat aux herbes du Mont Ventoux en son cœur. La seconde enveloppe est en chocolat blanc teinté de rose. Elle présente de petites pointes hérissées faites à la main à l’aide d’une brosse spécifique.

Cette couleur douce rappelle la tenue des cardinaux, car cette confiserie est un hommage à la présence des papes en terre vauclusienne au cours du XIVe siècle.

La petite histoire de la papaline d’Avignon

La papaline d’Avignon est la confiserie emblématique de la ville d’Avignon. Mais pourquoi ce nom ? En fait, elle est le fruit de l’imagination d’un ancien président du syndicat des maîtres pâtissiers du Vaucluse, Monsieur Carezani en souvenir du passage des papes à Avignon. Vous vous demandez peut-être si la confiserie rose a fait succomber les papes avignonnais au péché de gourmandise ? En réalité non puisqu’elle date des années 60 alors que les papes avaient quitté la cité depuis bien longtemps.

L'origan, l'ingrédient star de la liqueur qui donne son goût aux papalines avignonaises

Au commencement était la liqueur

L’histoire de la papaline commence dans la distillerie d’Auguste Blachère, l’une des plus anciennes de Provence, autrefois installée à Avignon. En 1835, le liquoriste a l’idée d’assembler une soixantaine de plantes, de fleurs et d’épices, parmi lesquelles l’origan, une plante aromatique des contreforts du Mont Ventoux.

Il s’agit d’une liqueur obtenue par distillation, macération et infusion. Hormis l’origan, on y trouve entre autres de l’angélique, du génépi, de la sauge, du thym et de la verveine auxquelles vient s’ajouter du miel de lavande pour la douceur.

Pour la petite histoire, la liqueur d’origan d’Auguste Blachère aurait permis de lutter contre la terrible épidémie de choléra qui sévit en Avignon en 1882. De nos jours, la liqueur d’origan se fabrique toujours à la distillerie Blachère installée depuis 1993 à Châteauneuf-du-Pape.

Les maîtres pâtissiers de Vaucluse entrent en jeu

Carpentras avait son berlingot, Aix son calisson, Apt ses fruits confis et Montélimar son nougat. Avignon se devait donc d’avoir sa friandise signature. En 1960, les maîtres pâtissiers de Vaucluse décident alors de créer une spécialité à partir de produits du terroir. Pour cela, un maitre pâtissier, Monsieur Carezani, va s’inspirer d’un épisode de l’histoire de la ville : le passage des papes en Avignon. C’est ainsi qu’il imagine un bonbon de 8 à 9 g enrobé d’une coque rose pour rappeler la robe des cardinaux et gorgé de liqueur d’origan du Comtat. Il la baptise la « papaline » d’Avignon. C’est elle qui sera sélectionnée par les maîtres pâtissiers de Vaucluse comme emblème gourmand de la ville.

Si par son aspect elle rappelle le chardon lorrain à la liqueur, la papaline d’Avignon se démarque par la présence de la liqueur d’origan du Comtat, une spécialité locale très prisée, mais méconnue hors du département de Vaucluse.

Bon à savoir

La papaline a failli s’appeler le « Pont d’Avignon ». Cependant, l’emblème le plus typique de la ville étant le palais des papes, c’est le nom de papaline qui fut retenu.

Le palais des papes, source d'inspiration des maîtres pâtissiers de Vaucluse pour créer la papaline

Un savoir-faire ancestral qui séduit les gourmands

Environ cinq tonnes de papaline d’Avignon se vendent chaque année. On les trouve chez une soixantaine de pâtissiers-confiseurs, affiliés à la Confédération nationale. Le processus de fabrication de la papaline reste un art à part entière. Et il prend du temps puisqu’il faut entre 4 et 5 jours de travail pour le confectionner. Les artisans la travaillent en combinant des matières premières locales et en respectant toutes les étapes de la recette d’origine.

Un accord parfait avec les vins de la région

Mais avec quoi déguster la papaline d’Avignon ? Eh bien la papaline d’Avignon se déguste avec un verre de Châteauneuf-du-Pape rouge. Les tanins contenus dans ce vin subliment les arômes du chocolat noir et du chocolat blanc et de la liqueur. Une expérience gustative unique à découvrir ou à redécouvrir. Cependant, d’autres apprécieront la douceur d’un muscat de Beaumes-de-Venise.

Où acheter la papaline d’Avignon ?

Pour goûter ce délice rose, rendez-vous chez un des pâtissiers-confiseurs du Vaucluse. Vous les trouverez sur les communes d’Avignon, mais aussi à Carpentras, à L’Isle-sur-la-Sorgues, Entraigues-sur-la-Sorgue ou encore à Morières-les-Avignon, par exemple. Il est aussi possible de les commander sur les sites de ces artisans passionnés. Enfin, vous pourrez les acheter sur certains sites qui proposent des spécialités régionales partout en France.

Jack a dit

En conclusion, la papaline n’est pas qu’une simple friandise. Reflet d’un savoir-faire unique, elle incarne une tradition provençale fière de ses racines. Portée par des artisans passionnés, ce trésor culinaire reste fidèle à son héritage pour le plus grand plaisir des vauclusiens…et des autres.

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